05/06/2026 • Article
artificialisation
transition écologique
ZAN
Au terme de ces premières années de mise en œuvre, le bilan du ZAN apparaît pour le moins contrasté. La trajectoire de sobriété foncière est désormais largement intégrée par les collectivités et contribue à faire émerger de nouvelles pratiques d'aménagement. Si la mise en œuvre du ZAN n’a pas suscité de baisse des recettes fiscales des collectivités locales, elle a néanmoins entrainé des surcoûts dans les opérations de construction. Les intercommunalités signalent par ailleurs une augmentation des tensions sur le foncier disponible, en particulier économique, les conduisant a refuser des projets d’implantation ou d’extension économique. La FNTP n’a jamais été opposée par principe à la sobriété foncière mais elle a très vite dénoncé les excès du ZAN en appelant à une meilleure conciliation avec le besoin de réindustrialisation et d’équité entre les territoires. Elle a notamment défendu l’objectif d’une meilleure conciliation avec les autres objectifs de la transition écologique, en particulier la décarbonation des mobilités, l’efficacité énergétique, l’économie de ressource ou l’adaptation des territoires au changement climatique. La réalisation de ces objectifs peut, en effet, s’avérer artificialisante. Ils revêtent pourtant un degré d’importance équivalent.
Adoptée le 22 août 2021, la loi Climat et Résilience a inscrit dans le droit français un objectif inédit : atteindre le zéro artificialisation nette (ZAN) des sols à l’horizon 2050, avec une première étape consistant à réduire de moitié la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente. Dès son adoption, de nombreux élus locaux ont dénoncé une approche trop uniforme et pénalisante pour les territoires ruraux.
Depuis, le ZAN a connu une succession de réformes, assouplissements et tentatives de remise en cause qui ont rendu son cadre juridique particulièrement instable :
Au-delà des controverses et des débats légitimes, comment les territoires se sont-ils approprié cet objectif ? Quels effets produit-il concrètement sur les politiques d’aménagement et sur la mobilisation du foncier ? Les enseignements croisés de la mission d’évaluation menée par l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), ainsi que du Baromètre du foncier économique 2026 réalisé par Intercommunalités de France, la Banque des Territoires et le Cerema, permettent de dresser un premier bilan.
La mission de l’IGF et de l’IGEDD vient rappeler qu’une première tendance à la baisse de consommation des ENAF s’observe à l’échelle nationale depuis 2015 (avec une stabilisation à 20 000 ha/an, contre 30 000/an en 2010).
Si historiquement, le développement urbain reposait sur l’extension de nouvelle zone à urbaniser, le modèle actuel tend au renouvellement urbain, c’est-à-dire à la réutilisation ou la densification d’espaces déjà urbanisés, la trajectoire de sobriété foncière implique d’atteindre, à terme, 100 % de production bâtie sur du foncier déjà urbanisé. La satisfaction des besoins en logements, en équipements et en activités économiques passe donc par une intensification du renouvellement urbain et l’exploitation des différents gisements fonciers existants, y compris dans les territoires péri-urbains et ruraux où le rythme d’artificialisation des sols demeure supérieur à l’augmentation de la population.
Le ZAN agit ainsi comme un accélérateur d’une évolution déjà engagée : produire davantage de valeur économique sur des espaces plus limités. Selon le baromètre, 67 % des intercommunalités considèrent désormais cette trajectoire comme une opportunité pour faire évoluer les pratiques d’aménagement et renforcer la planification territoriale.
Il convient toutefois d’accroître fortement l’« efficacité de la construction [1]», qui pourrait se définir comme la quantité de surface de plancher produite sur une unité de foncier déjà artificialisée ou consommée. Ainsi, un hectare consommé permet de construire 2435m2 de bâti en 2022 contre 1950m2 en 2011, soit une augmentation de 30%. Toujours selon l’IGEDD, si la trajectoire de sobriété foncière est respectée sans accélération du rythme de densification et de renouvellement du foncier, il pourrait y avoir une réduction de l’activité de la construction.
[1] Définition du CEREMA
Alors que les demandes d’implantation ou d’extension économiques se maintiennent malgré la conjoncture actuelle, les intercommunalités alertent sur les difficultés croissantes à concrétiser ces projets. Désormais, 81 % des intercommunalités déclarent avoir déjà refusé des implantations faute de foncier économique disponible, contre 67 % en 2022. Cette pénurie est davantage marquée dans les espaces urbains et péri-urbains où d’autres usages du foncier font concurrence aux entreprises. Cette progression rapide illustre une raréfaction du foncier immédiatement mobilisable : terrains aménagés, viabilisés et juridiquement sécurisés
Si le ZAN a un impact limité sur les recettes des collectivités, il entraîne en revanche des dépenses supplémentaires importantes liées aux opérations de renouvellement urbain, qui sont très souvent déficitaires. La mission IGF- IGEDD estime que le surcoût du renouvellement urbain pourrait atteindre jusqu’à 3,4 milliards d’euros par an à l’horizon 2031 si aucune évolution des pratiques n’intervient. Même dans un scénario reposant sur une densification accrue des opérations, ce coût resterait proche de 800 millions d’euros par an.
Face à cette situation, plusieurs leviers se dégagent selon la mission :
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Le RPC 2024 poursuit un double objectif : d'une part, faciliter la libre circulation des produits de construction au sein du marché unique européen ; d'autre part, garantir la transparence et la comparabilité des performances des produits, y compris leurs performances environnementales. Ce second volet constitue une évolution majeure par rapport RPC précédent.
07/07/2026 • Article
Le territoire français a subi un épisode de canicule intense pendant dix jours en juin 2026. C’est dans ce contexte que la FNTP soutient, aux côtés de ses partenaires publics et privés, de nombreuses actions de recherche et d’innovation en lien avec l’adaptation au changement climatique et la résilience des villes et territoires. Ainsi, la FNTP s’engage pour soutenir la recherche et l’innovation, accompagner le développement de solutions opérationnelles au service de territoires plus résilients. Notre conviction est simple : les infrastructures ne sont pas seulement des ouvrages techniques, elles sont des leviers essentiels pour accompagner la transition écologique nécessaire, protéger les populations et préparer les territoires aux défis de demain. A titre d’exemple, dans cette dynamique, la FNTP soutient le Projet National ISSU (Innovations et Solutions contre la Surchauffe Urbaine), un programme de recherche et développement collectif lancé pour la période 2024-2028. Ce projet de l’IREX (institut pour la recherche appliquée et l’expérimentation en génie civil, https://irex.asso.fr/) rassemble une cinquantaine de partenaires publics et privés : des maîtres d’ouvrage, des entreprises de travaux, des ingénieries, des bureaux de contrôle, des industriels et des organismes de recherche autour d’un objectif collectif commun : mieux comprendre, concevoir, évaluer et mettre en œuvre des solutions de rafraîchissement urbain.
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