30/01/2026 • Article
Infrastructures
Investissements
UE
Lancée en 2021, la stratégie Global Gateway constitue aujourd’hui le principal cadre de l’action extérieure de l’Union européenne en matière d’investissements internationaux. Elle vise à renforcer la connectivité mondiale à travers le développement d’infrastructures durables, de qualité et conformes aux standards européens, dans des secteurs clés tels que les transports, l’énergie, le numérique, la santé, l’éducation et la recherche. Pensée comme une offre européenne structurée, Global Gateway promeut des valeurs de transparence, de soutenabilité financière, de respect des normes sociales et environnementales, et de souveraineté des pays partenaires.
Initialement dotée d’un objectif de 300 milliards d’euros d’investissements sur la période 2021-2027, la stratégie a rapidement gagné en ampleur. En 2024-2025, la Commission européenne a annoncé que cet objectif était quasiment atteint par anticipation, portant désormais l’ambition globale à près de 400 milliards d’euros d’ici 2027.
Cette dynamique reflète à la fois l’ampleur des besoins mondiaux en infrastructures durables et la volonté de l’UE de renforcer son rôle dans un contexte marqué par la transition énergétique, la reconfiguration des chaînes de valeur et la concurrence stratégique internationale.
La gouvernance de Global Gateway repose sur l’approche « Team Europe », qui associe la Commission européenne, le Service européen pour l’action extérieure, les États membres, leurs agences de développement, ainsi que les grandes institutions financières européennes, notamment la BEI et la BERD. L’objectif est de proposer une offre intégrée et lisible, en dépassant la dispersion traditionnelle des instruments de coopération.
Depuis 2025, la stratégie s’est renforcée avec la création du Global Gateway Investment Hub, plateforme destinée à faciliter l’accès des entreprises européennes aux projets d’investissement dans les pays partenaires. Ce guichet unique permet d’identifier les projets, d’en accompagner la maturation et de mobiliser des financements combinant prêts, garanties, subventions et assistance technique. Les entreprises passent par des points de contact nationaux (« Team Nationals »), avant validation et accompagnement par la Commission européenne.
Global Gateway s’appuie également sur des partenariats structurants, notamment avec le groupe Banque mondiale. En 2025, un programme de garanties d’environ 300 millions d’euros a été conclu avec la Société financière internationale (IFC) afin de soutenir les investissements privés dans l’énergie, l’agro-industrie et l’industrie manufacturière, en Afrique, en Amérique latine, en Asie et dans le voisinage européen.
Parallèlement, les collectivités territoriales – villes et régions – sont de plus en plus impliquées dans la mise en œuvre de la stratégie, notamment dans les domaines de la mobilité durable, de l’eau, de l’urbanisme et de l’adaptation climatique.
La stratégie s’incarne concrètement à travers un portefeuille de projets phares. En décembre 2025, une liste consolidée de 256 projets a été approuvée, couvrant l’ensemble des régions du monde. L’accent est mis sur les infrastructures de transport durable, les corridors énergétiques, les ports, les réseaux ferroviaires, les câbles sous-marins et les chaînes de valeur liées aux matières premières critiques.
Environ 20 % des projets concernent directement les transports, avec de nombreux investissements dans les ports, les aéroports, les corridors ferroviaires et routiers, ou encore les mobilités urbaines en Afrique, en Amérique latine, en Asie et dans les Balkans.
Malgré sa montée en puissance, Global Gateway fait face à plusieurs défis : complexité institutionnelle, lenteur de certains processus décisionnels, difficulté à transformer les annonces politiques en projets rapidement opérationnels, et concurrence forte d’autres acteurs internationaux.
L’enjeu pour les prochaines années sera donc de renforcer la lisibilité, l’efficacité et la visibilité concrète des projets, afin de démontrer la valeur ajoutée du modèle européen fondé sur la qualité, la durabilité et les partenariats équilibrés.
30/01/2026 • Article
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, la Direction générale des partenariats internationaux (DG INTPA) de la Commission européenne lance le mécanisme « Early-Stage Investment Mechanism ». Cet outil a pour but d’accroître la participation du secteur privé européen à la préparation de projets d’infrastructures durables dans les pays partenaires, d’améliorer la qualité et la bancabilité de ces projets, et de faciliter leur mise en œuvre en cohérence avec les priorités des pays bénéficiaires et les intérêts stratégiques de l’Union européenne. Les projets soutenus portent sur des actions en amont de l’investissement, telles que la phase de conception, les études sectorielles préliminaires, les études de faisabilité, les projets pilotes, etc. L’enjeu est de renforcer le niveau de maturité et l’attractivité des projets d’infrastructure afin de faciliter leur accès à des financements.
15/07/2026 • Article
Le 10 juin 2026, la Commission européenne a présenté une nouvelle stratégie en faveur des îles, accompagnée d'une stratégie dédiée aux communautés côtières. L'objectif est de mieux prendre en compte les spécificités de ces territoires dans les politiques européennes et de renforcer leur développement économique, leur résilience et leur qualité de vie. Les quelque 4 000 îles habitées de l'Union européenne concentrent en effet de nombreux défis : éloignement, surcoûts liés à l'insularité, vulnérabilité climatique, dépendance énergétique ou encore difficultés d'accès aux services. Pour y répondre, la Commission entend mieux mobiliser les financements européens existants et adapter plusieurs cadres réglementaires.
07/07/2026 • Article
Après deux années de contraction, le secteur européen de la construction devrait retrouver une dynamique positive en 2026. Cette amélioration intervient toutefois dans un contexte économique encore incertain, marqué par un ralentissement de la croissance, une inflation qui reste élevée et des conditions de financement toujours contraignantes. Les taux d'intérêt, le coût des matériaux et la prudence des investisseurs privés continuent de peser sur l'activité, tandis que les investissements publics et les financements européens jouent un rôle de plus en plus déterminant pour soutenir le secteur.
22/06/2026 • Article
Adoptée le 4 mars 2026, la nouvelle stratégie portuaire de l'Union européenne place les ports au cœur de la compétitivité, de la souveraineté et de la transition écologique de l'Europe. Face aux tensions géopolitiques, aux défis climatiques et à la concurrence internationale, la Commission européenne entend accélérer les investissements dans les infrastructures portuaires et leurs connexions avec les territoires. Les ports européens représentent un maillon essentiel de l'économie de l'Union : ils assurent près de 74 % des échanges extérieurs, accueillent près de 400 millions de passagers chaque année et constituent des infrastructures stratégiques pour l'approvisionnement énergétique, la mobilité militaire et les chaînes logistiques.
16/10/2022 • Décryptage
La politique de cohésion cible toutes les villes et régions de l’Union européenne dans le but de soutenir notamment la création d’emploi, la compétitivité des entreprises, la croissance économique et le développement durable. Afin de réaliser ces objectifs et de répondre aux divers besoins de développement dans toutes les régions européennes, un budget de 331 milliards d’euros – près d’un tiers du budget total de l’UE – est alloué à la politique de cohésion pour la période 2021-2027.
15/07/2026 • Article
Le RPC 2024 poursuit un double objectif : d'une part, faciliter la libre circulation des produits de construction au sein du marché unique européen ; d'autre part, garantir la transparence et la comparabilité des performances des produits, y compris leurs performances environnementales. Ce second volet constitue une évolution majeure par rapport RPC précédent.
07/07/2026 • Article
Le règlement européen sur la déforestation (RDUE – Règlement (UE) 2023/1115) est entré en vigueur le 29 juin 2023. Son objectif est de réduire la contribution de la consommation européenne à la déforestation et à la dégradation des forêts dans le monde, en interdisant la mise sur le marché de l'Union européenne ou l'exportation de certains produits issus de terres déforestées après le 31 décembre 2020. À la fin de l'année 2025, la Commission européenne a adopté plusieurs mesures de simplification destinées à alléger les obligations administratives des entreprises, sans remettre en cause les objectifs du règlement. Ces évolutions modifient notamment la répartition des responsabilités entre les différents acteurs de la chaîne d'approvisionnement.
06/07/2026 • Article
La Commission européenne a présenté, le 3 juin 2026, le Cloud and AI Development Act (CAIDA), un projet de règlement destiné à accélérer le développement des infrastructures cloud et d'intelligence artificielle dans l'Union européenne. L'objectif est double : combler le retard européen en matière de capacités de calcul et réduire la dépendance aux grands fournisseurs extra-européens, qui dominent aujourd'hui plus de 70 % du marché du cloud.
27/04/2026 • Article
La Commission européenne s’apprête à publier, au printemps 2026, un plan d’action pour l’électrification, destiné à accélérer la transition énergétique du continent. Attendu d’ici l’été, ce document stratégique – sous forme de communication – devrait constituer un jalon important pour l’ensemble des acteurs des infrastructures.
05/03/2026 • Article
Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), également connu sous son acronyme anglais CBAM, s’inscrit dans l’évolution récente de la politique climatique de l’Union européenne. Institué par le règlement (UE) 2023/956, il vise à soumettre certaines importations à un prix du carbone équivalent à celui acquitté par les industriels européens dans le cadre du Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE-UE). Pour les entreprises de travaux publics, consommatrices de matériaux à forte intensité carbone comme l’acier, l’aluminium ou le ciment, ce mécanisme a des implications concrètes. Il est susceptible d’influencer les conditions d’approvisionnement, les équilibres économiques des marchés et la structuration des offres.