24/07/2026 • Mémo
Attractivité
Développement
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TRANSITION ECOLOGIQUE
Pourquoi investir davantage dans les infrastructures ? Quel est le coût du sous-investissement ? Les collectivités locales ont-elles encore les moyens d’investir ? Quel rôle joue la commande privée ? Comment les entreprises françaises de Travaux Publics se positionnent-elles à l’international ?
Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, la FNTP lance une nouvelle série de mémos consacrés aux grands enjeux des infrastructures.
À travers des analyses synthétiques, des chiffres clés et des infographies pédagogiques, ces publications ont pour objectif d’éclairer les principaux débats qui concernent l’avenir des infrastructures françaises et les conditions de leur financement.
Le recul de l’investissement dans les infrastructures affaiblit nos réseaux, fragilise nos territoires et freine les transitions indispensables. Retrouver un niveau d’effort comparable à celui du passé est nécessaire pour entretenir, sécuriser et moderniser notre patrimoine. Les nouveaux besoins liés à la transition écologique exigeraient d’ailleurs un effort supplémentaire d’au moins 60 milliards d’euros selon la plupart des rapports, soit plus de 2 points de PIB – l’équivalent de ce qui a été perdu sur le demi-siècle précédent. Réinvestir dans les infrastructures, c’est assurer les conditions d’un développement durable et d’une France plus compétitive.
Reporter l’entretien des infrastructures n’est pas une économie : c’est créer une dette invisible qui s’accumule progressivement au fil des années. Cette « dette grise » résulte du décalage entre les besoins d’entretien et de renouvellement des infrastructures et les investissements effectivement réalisés. Longtemps peu visible, elle finit pourtant par se traduire par une dégradation de la qualité de service, des interventions en urgence plus fréquentes, des perturbations pour les usagers et des coûts de remise en état beaucoup plus élevés. Ce mécanisme est bien connu : plus l’intervention est tardive, plus la facture s’alourdit. Selon le CEREMA, 1 € non investi aujourd’hui dans l’entretien peut conduire jusqu’à 5 € de dépenses demain. Les premières estimations évaluent déjà cette dette à plusieurs dizaines de milliards d’euros sur les principaux réseaux français. Prévenir plutôt que réparer permet de préserver le patrimoine, de maîtriser la dépense publique et de garantir des infrastructures sûres, performantes et résilientes
Les infrastructures ne se dégradent pas du jour au lendemain. Leur vieillissement est progressif et résulte de l’accumulation de plusieurs facteurs : des ouvrages construits il y a plusieurs décennies, des usages toujours plus intensifs et des effets croissants du changement climatique. Pendant longtemps, cette dégradation peut rester peu visible, avant de se traduire par une baisse de la qualité de service, des restrictions d’usage ou des besoins de rénovation beaucoup plus importants. Le recul de la France dans les classements internationaux sur la qualité des infrastructures illustre cette tendance. Préserver ce patrimoine stratégique nécessite une meilleure connaissance de son état et une gestion patrimoniale de long terme, afin d’intervenir au bon moment, de garantir la sécurité des usagers et de maintenir la compétitivité et l’attractivité des territoires.
Les travaux publics ne sont pas “publics” par nature : le privé est un pilier de l’activité et représente plus d’un tiers du chiffre d’affaires du secteur. Le privé n’est pas seulement un donneur d’ordre ; il peut également contribuer au financement des projets. Au-delà du clivage public/privé, des synergies de financement peuvent accélérer la réalisation de certaines infrastructures et mieux répartir les risques entre acteurs (construction, exploitation/maintenance). Dans un contexte de contraintes budgétaires, c’est un levier complémentaire à la commande publique.
En 2024, 57% du chiffre d’affaires des entreprises françaises de travaux publics était réalisé en dehors de la France. L’international tire désormais la croissance du secteur et est devenu un levier de performance durable. Cela suppose aussi d’avoir un marché national innovant avec des réalisations qui sont autant de « vitrines » à l’international. En outre, il faut aussi renforcer la compétitivité pour accéder aux marchés, via des financements adaptés, une maîtrise des risques contractuels et une anticipation des exigences propres à chaque zone géographique.
Le cycle municipal exerce un effet réel mais non mécanique sur l’activité des travaux publics : on observe, en moyenne, une accélération de l’activité en fin de mandat, suivie d’un creux l’année des élections et la suivante avant un retour à la croissance. L’ampleur est variable (amplifié ou atténué) selon le contexte.
Si l’effet de cycle municipal se confirme, les TP pourraient connaître deux années de repli, puis une reprise progressive à partir de 2028. Mais rien n’est joué : stabilité des exécutifs, programmation pluriannuelle et volonté politique peuvent en limiter l’ampleur. Le cycle n’explique pas tout : finances locales, conjoncture, stabilité institutionnelle et contraintes budgétaires nationales (accentuées par la perte d’autonomie fiscale) pèsent aussi. À ces facteurs objectifs s’ajoute un élément décisif : la volonté politique d’investir !
Les collectivités locales présentent globalement une situation financière solide, caractérisée par une gestion responsable fondée sur la règle d’or (pas d’endettement pour le fonctionnement), une épargne significative et un endettement maîtrisé. Cependant, plusieurs signaux de fragilité émergent : dépendance accrue à l’État pour les recettes, volatilité des DMTO pour les départements, et dégradation de certains ratios financiers. La préservation des marges d’investissement et une réflexion sur la fiscalité locale deviennent des enjeux majeurs.
Le versement mobilité (VM) est une contribution des employeurs publics et privés aux dépenses de transports publics urbains. Il finance la moitié des dépenses des autorités organisatrices de mobilité (AOM). Il est essentiel au fonctionnement du service mais aussi au financement des investissements en infrastructures et à leur maintien en état. Cette ressource doit toutefois être complétée par d’autres, comme le paiement par l’usager qui recule depuis plusieurs décennies.
Alors que les collectivités et donc les départements ont besoin de visibilité sur leurs recettes, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) sont au contraire une ressource très volatile (baisse de 33% entre 2022 et 2024, hausse de 21% en 2025). Ils représentent pourtant une part significative des recettes de fonctionnement des conseils départementaux et sont essentiels pour dégager un bon niveau d’épargne brute nécessaire aux investissements. Une réflexion doit s’engager pour fournir aux départements des recettes prévisibles, dynamiques, en lien avec leurs compétences.
14/11/2025 • Article
Chaque année, la FNTP et le cabinet Citizing, spécialiste indépendant de l’évaluation socio-économique des politiques publiques, mènent une analyse approfondie de projets d’infrastructures portés par des collectivités locales. Ces études mesurent la valeur globale créée par les investissements publics : gains de temps, amélioration du cadre de vie, préservation de l’environnement, réduction des risques ou encore attractivité économique.
26/01/2024 • Décryptage
Après une décennie de croissance, seulement freinée en 2020 par la crise Covid, les droits de mutation (DMTO) sont en 2023 fortement touchés par la crise immobilière. Le produit des DMTO encaissé par les départements* a plongé de quasi -23% pour s’établir à 12,9 Md€ soit à peine le niveau atteint en 2020. Les conseils départementaux devront mobiliser d’autres ressources pour maintenir leurs investissements.
09/11/2023 • Décryptage
Les collectivités, pourtant peu endettées, sont soumises à des injonctions contradictoires : poursuivre une trajectoire de désendettement pour participer à la réduction des déficits publics tout en investissant massivement dans les transitions écologique et énergétique. Autrement dit, adopter une vision de court terme pour satisfaire des objectifs gestionnaires ou une vision de long terme pour préparer l’avenir du pays et des citoyens.
20/06/2019 • Article
L’évolution de l’investissement des collectivités et celle de l’activité TP sont étroitement liées. A l’approche des élections de 2020, cet article mesure l’impact du cycle électoral municipal sur l’activité : si « l’effet cycle » est indéniable, l’ampleur des évolutions est très variable et dépend également de facteurs externes.