20/06/2019 • Article
Chiffre d'affaires
Collectivités locales
Elections municipales
investissement
L’évolution de l’investissement des collectivités et celle de l’activité TP sont étroitement liées. A l’approche des élections de 2020, cet article mesure l’impact du cycle électoral municipal sur l’activité : si « l’effet cycle » est indéniable, l’ampleur des évolutions est très variable et dépend également de facteurs externes.
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En règle générale, l’investissement public local suit un cycle en fonction du mandat électoral. L’année précédant les élections (N-1) est habituellement dynamique alors que l’année des élections (N) et surtout l’année suivante (N+1) connaissent un recul de l’investissement.
Sur la base de l’observation des 6 derniers mandats municipaux, ce constat se vérifie pour l’activité des Travaux Publics.
Source : FNTP
En moyenne, le chiffre d’affaires réalisé avec les collectivités progresse de 9,2% l’année précédant les élections municipales avant de reculer de 1% en année d’élections puis de 2,5% l’année suivante. Schématiquement, ceci correspond à une accélération des travaux avant l’élection pour mener à terme les projets du mandat, tandis que l’année de l’élection et la suivante sont généralement marquées par la mise en place des projets des nouvelles équipes élues. Toutefois ces moyennes cachent des disparités importantes. En effet, des éléments exogènes peuvent venir amplifier ou contrecarrer « l’effet cycle ».
Source : FNTP
Si l’activité TP de l’année N-1 a été positive lors des 6 derniers cycles, le constat est plus nuancé pour les années d’élections (3 hausses et 3 baisses) et les années N+1 (2 hausses et 4 baisses). Ces années ont en effet enregistré des « chocs » qui peuvent être d’ordre divers (économique, financier, institutionnel) qui sont venus impacter à la hausse ou à la baisse le « cycle naturel » des investissements.
Les deux cycles des années 80 ont connu d’importants transferts de compétences liés au mouvement de décentralisation qui ont soutenu l’investissement des collectivités et par conséquent l’activité TP.
Au contraire, le milieu des années 90 puis les années 2008- 2009 ont été marqués par des crises économiques de grande ampleur qui se sont répercutées sur l’ensemble des investissements.
Quant à la période 2014-2015, elle a vu la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités se superposer à une réforme territoriale (loi NOTRe) qui ont conduit à un recul sans précédent de l’investissement local. De plus, le taux de renouvellement des équipes municipales lors de l’élection de 2014 a été particulièrement important et a certainement retardé le redémarrage des investissements.
Source : FNTP
Le graphique ci-dessus illustre la montée en puissance des investissements des collectivités en Travaux Publics au cours d’un cycle électoral. Toutefois, l’ampleur d’un cycle est très variable et les évolutions année par année peuvent parfois diverger.
Ce graphique démontre aussi le côté atypique du cycle actuel (2014-2020) avec l’atonie des investissements sur les 3 premières années du mandat. Même si l’activité repart en cette fin de mandat, le retard pris ne sera pas rattrapé : 61,2 Md€ de chiffre d’affaires TP auprès des collectivités ont été réalisés sur les 4 premières années du mandat actuel (2014-2017) contre 72,1 Md€ sur les 4 premières années du mandat précédent (2008-2011). L’investissement dans les infrastructures et les réseaux a en effet constitué une variable d’ajustement majeure pour adapter les budgets à la baisse des dotations.
En se basant sur les observations précédentes, l’année 2019 devrait être une année dynamique pour l’investissement local, pour l’activité TP auprès des collectivités et pour l’activité TP dans son ensemble. Les indicateurs de conjoncture du début d’année le confirment.
Pour 2020, la dynamique de l’investissement local devrait s’atténuer mais sans connaître un effondrement comme ce fut le cas en 2014. La situation financière des collectivités et le contexte économique sont en effet sensiblement différents.
Enfin, le niveau d’investissement du précédent mandat a été historiquement faible, en particulier pour entretenir et régénérer les réseaux : en conséquence, les besoins sont criants et les attentes des citoyens fortes.
Toutefois, plusieurs inconnues demeurent : le taux de renouvellement des équipes et la stabilité institutionnelle alors qu’une réforme de la fiscalité locale de grande ampleur est annoncée.
Le cycle électoral municipal est un déterminant important de l’évolution de l’activité des Travaux Publics mais il ne constitue pas une règle immuable, notamment en année d’élection municipale. D’autres facteurs entrent aussi en ligne de compte comme la situation financière des collectivités, la situation économique générale et la stabilité institutionnelle pour le bloc local. A tous ces arguments factuels s’ajoute un dernier élément indispensable : la volonté politique d’agir.
C’est ainsi du volontarisme des futures équipes municipales, dans un contexte où les besoins exprimés par nos concitoyens en matière de mobilité, de numérique ou de transition écologique n’ont jamais été aussi importants, dont dépendra l’évolution des investissements dans des infrastructures nouvelles et dans l’entretien des réseaux existants. C’est un enjeu essentiel pour le dynamisme du secteur et la création d’emplois locaux, mais aussi pour l’avenir de nombreux territoires lourdement affectés par près d’une décennie de sous-investissement.
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