Les conditions d’accès à la mobilité, aux soins, à la formation ou à l’emploi dépendent étroitement de la qualité des réseaux.
C’est pourquoi l’entretien des infrastructures existantes, en particulier dans les territoires peu denses, est aussi stratégique que le lancement de grands projets.
Dans de nombreuses petites communes, le manque de moyens pour maintenir les routes, les ponts ou les équipements publics en bon état aggrave les phénomènes d’isolement et limite les possibilités de développement local. Les jeunes vivant dans ces territoires très peu denses passent par exemple en moyenne 42 minutes de plus par jour dans les transports que leurs homologues urbains, faute d’infrastructures adaptées, ce qui réduit leur accès à l’emploi, 1ux services et aux activités culturelles.
Parallèlement, des investissements ciblés dans les réseaux secondaires (routes départementales, gares de proximité, bus express, infrastructures numériques) agissent sur les écarts d’accès aux services. Ils contribuent aussi à réduire la dette grise, c’est-à-dire l’accumulation de besoins d’entretien ou de rénovation d’infrastructures, qui dégrade progressivement leur performance et alourdit, à terme, les coûts pour la collectivité. Les petites lignes ferroviaires en offrent une illustration frappante : délaissées depuis plusieurs décennies, elles affichent aujourd’hui un âge moyen de 40 ans (contre 30 ans pour l’ensemble du réseau français et 15 ans pour le réseau allemand). Cette vétusté conduit à des réductions de vitesse ou des suspensions de circulation sur les trois-quarts de leur kilométrage, accentuant l’isolement des territoires.