Le produit des DMTO à destination des départements a connu 2 années exceptionnelles en 2021 et 2022 avec un total au-delà des 16 Md€. Cette « bulle » a connu un coup d’arrêt brutal en 2023, conséquence de la crise immobilière. L’année 2024 s’inscrit dans ce même contexte. Le recul des transactions immobilières, conjugué à une baisse des prix, entraine un repli du produit des DMTO. En 2024, celui-ci recule de -13%, après avoir enregistré une chute de -23% en 2023.
Sur le périmètre des départements stricto sensu, le poids des DMTO dans les recettes de fonctionnement recule et atteint 16,1% (20,7% en 2023). C’est la seconde recette des conseils départementaux, juste derrière la fraction de TVA (qui remplace depuis 2021 la taxe sur le foncier bâti) à 28,9%[1]. Les recettes de fonctionnement des départements reposent donc sur des impôts fluctuant en fonction de la conjoncture économique. Quand celle-ci est peu favorable, il est alors plus difficile d’assurer un rôle contracyclique. Parallèlement à des recettes en baisse, les départements voient leurs dépenses sociales augmenter de façon importante : en 2023 les dépenses d’action sociale (famille, enfance, personnes handicapées…) ont cru de +7,8% et les dépenses pour les personnes dépendantes de +5,6%. La section de fonctionnement connait donc un effet de ciseau qui réduit fortement l’épargne brute nécessaire au financement des investissements.
[1] Données 2022 de l’OFGL, hors collectivités territoriales uniques (CTU) de Martinique et de Guyane, collectivité de Corse et Ville de Paris.