07/07/2026 • Article
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L’objectif de cette proposition législative est de renforcer et accélérer la capacité industrielle de l’Union européenne, tout en réduisant l’empreinte carbone de secteurs industriels stratégiques, afin de restaurer la compétitivité et l’autonomie industrielle de l’UE. L’IAA vise en priorité les secteurs énergo‑intensifs et les technologies clés pour la transition bas carbone. Ces secteurs représentent environ 15% de la capacité industrielle de l’UE, mais sont considérés comme critiques pour la souveraineté industrielle et climatique.
Les secteurs concernés :
– Les industries lourdement émettrices (énergo‑intensives). Ce sont les secteurs industriels structurants, à forte consommation énergétique, et où l’UE cherche à réduire sa dépendance : Acier, Ciment, Aluminium;
– Le secteur automobile (y compris véhicules électriques);
– Les « technologies net‑zéro », définies comme des filières critiques pour la transition écologique : batteries, panneaux solaires, photovoltaïque, éolien, pompes à chaleur, fission nucléaire, hydrogène (technologies associées).
Ces filières sont explicitement citées dans les analyses IAA comme secteurs stratégiques pour la décarbonation.
L’IAA impose pour la première fois dans l’UE des règles obligatoires « Made in EU » et « bas carbone » dans les marchés publics et les aides d’État, afin de créer des marchés intérieurs privilégiant les produits européens et accélérant leur décarbonation.
Au titre des aides d’Etat et des marchés publics, la préférence européenne prévue par l’IAA prend la forme de seuils et de conditions d’origine appliqués à certains produits ou composants.
Pour les matériaux utilisés dans la construction et les infrastructures, les contrats concernés devront intégrer d’ici 2029 :
Ces critères s’appliquent aux marchés de fournitures, aux marchés de travaux, aux concessions. L’IAA s’intègre dans les directives marchés publics (2014/24/UE et 2014/25/UE), ce qui signifie qu’il s’applique aux procédures existantes sans refonte complète du droit.
Les technologies net zéro sont également concernées par ces aspects liés à l’origine UE.
L’IAA introduit pour la première fois une préférence structurée pour les produits d’origine Union européenne dans deux domaines : les marchés publics et les aides d’État. L’objectif est de favoriser les productions européennes dans les secteurs stratégiques et réduire les dépendances à l’égard de pays tiers.
L’IAA ne crée pas une définition ad hoc : il s’appuie sur une logique d’équivalence basée sur la réciprocité commerciale. Cela couvre un produit provenant d’un État membre de l’UE, d’un pays ayant un accord de libre-échange avec l’UE, d’un pays lié à l’UE par une union douanière, ou par l’Accord de l’OMC sur les marchés publics (GPA).
Cependant, ce n’est pas figé, et la Commission pourrait exclure des pays par l’intermédiaire d’un acte délégué. Les motifs d’exclusion : absence de réciprocité, risques pour la sécurité d’approvisionnement, enjeux de sécurité ou d’ordre public.
Ne sont pas considérés comme d’origine UE, les produits provenant de pays sans réciprocité, notamment la Chine. Ces produits peuvent être exclus des marchés concernés, même s’ils sont bas carbone.
A noter également, les exigences en matière de composants d’origine européenne seront progressivement renforcées pour certaines technologies.
La proposition de règlement introduit une obligation d’apprécier la performance carbone pour l’acier, le ciment et l’aluminium.
Concrètement, le béton sera considéré comme à faible teneur en carbone s’il répond aux critères applicables au « béton à faible teneur en carbone » qui seront définis dans les mesures d’exécution adoptées au titre du Règlement sur les produits de construction (RPC).
De même, les produits sidérurgiques à faible teneur en carbone utilisés dans la construction et couverts par une spécification technique harmonisée devront être conformes à la définition de faible teneur en carbone qui sera établie dans le cadre du RPC.
Par ailleurs, la Commission pourra créer, par le biais d’un acte délégué, un système volontaire de classification basé sur l’intensité carbone des produits.
Les entreprises de travaux publics jouent un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques d’investissement, qu’il s’agisse d’infrastructures de transport, d’énergie, d’eau ou d’aménagement du territoire. Elles constituent un maillon opérationnel essentiel de la transition écologique et, de manière indirecte, de la transition industrielle, dans un contexte où la production des matériaux représente une part significative de l’empreinte carbone de l’acte de construire.
Leur activité repose très majoritairement sur la commande publique et s’inscrit dans des cadres contractuels fortement encadrés, caractérisés par des délais contraints, des marges de manœuvre limitées et un faible capacité d’absorption de risques exogènes.
Dans ce contexte, bien que conçu comme un instrument de politique industrielle, le projet d’industrial Accelerator Act (IAA) est le bienvenu, mais certains aspects de mise en œuvre sont perfectibles.
Si le périmètre « Origine UE » va dans le bon sens, la FNTP regrette son périmètre trop large.
En assimilant par défaut au contenu européen les produits originaires de l’ensemble des pays liés à l’UE par un accord commercial ou l’Accord sur les marchés publics de l’OMC, la proposition a une approche trop large.
Plutôt qu’une inclusion par défaut de l’ensemble des pays partenaires avec possibilité d’exclusion par acte délégué, peut-être faudrait-il promouvoir une approche limitant le bénéfice des soutiens publics aux productions originaires de l’UE-27 et de l’Espace économique européen, assortie d’extensions ciblées à certains partenaires de confiance dans le seul cadre de la commande publique, sous réserve d’une réciprocité effective, juridique et pratique, dûment vérifiée en amont de toute inclusion.
De plus, sa mise en œuvre doit reposer sur des méthodes simples, opérationnelles et proportionnées, afin de ne pas créer de charges administratives excessives pour les entreprises en particulier pour les PME.
Enfin, bien qu’il soit opportun d’encourager le recours à des critères favorisant le « Made in Europe », il est essentiel que le recours à des critères autres que le prix demeure une faculté pour les acheteurs et non une obligation. Il appartient en effet à chaque acheteur de définir ses besoins et d’identifier, sans contrainte, les exigences qu’il souhaite intégrer dans son cahier des charges, notamment en ce qui concerne celles qui seraient liées à l’origine européenne ou l’intensité carbone de certains matériaux.
S’agissant plus précisément des aspects bas carbone, il faut rappeler que les filières bas carbone demeurent en phase de montée en capacité et présentent des disparités selon les territoires et les matériaux concernés. De ce fait, les objectifs de décarbonation doivent être déployés progressivement, en tenant compte de la maturité des filières, des capacités de production disponibles et de l’évolution des coûts. Les dérogations prévues en cas d’indisponibilité des matériaux conformes sont donc essentielles et pourraient être complétées par une clause de revoyure adaptée aux spécificités de chaque secteur, notamment celui des infrastructures.
En outre, la décarbonation des matériaux et des équipements utilisés dans les infrastructures engendre des surcoûts significatifs, liés notamment à l’évolution des procédés de production, aux exigences de certification et de traçabilité, ainsi qu’au recours à des solutions bas carbone. Dans ce contexte, la mise en œuvre de nouvelles exigences environnementales doit s’accompagner de mécanismes de financement adaptés, en particulier pour les maîtres d’ouvrage publics (notamment locaux).
Enfin, il faut rappeler que la notion de matériaux bas carbone ne correspond à aucune définition précise. Un système de classement uniforme devra veiller à ne pas créer de distorsions de concurrence entre filières européennes, indépendamment des trajectoires d’investissement engagées. Il est, de surcroît, nécessaire de déterminer l’impact carbone à partir duquel il sera considéré comme « bas carbone ». Il faut aussi prendre en compte des facteurs structurels (le mix énergétique national en particulier) dans le calcul de l’intensité carbone des matériaux.
Dernier aspect à prendre en compte, la réussite de ce cadre réglementaire reposera sur un accompagnement strict des acteurs. La FNTP appelle à la mise à disposition de référentiels harmonisés, de guides pratiques et d’actions de formation afin de garantir une application cohérente et sécurisée du dispositif sur l’ensemble du territoire européen.
29/05/2026 • Article
Le 29 mai 2026, Jean-Pierre Paseri, Vice-Président de la Fédération de l’industrie européenne de la construction (FIEC) depuis 2023, a été élu président de cette association européenne, dont l’action est importante pour porter les intérêts du secteur auprès des institutions européennes. Cette élection s'est tenue à Paris, dans le cadre du congrès organisé à l'invitation de la FNTP et de la FFB.
07/07/2026 • Article
Le règlement européen sur la déforestation (RDUE – Règlement (UE) 2023/1115) est entré en vigueur le 29 juin 2023. Son objectif est de réduire la contribution de la consommation européenne à la déforestation et à la dégradation des forêts dans le monde, en interdisant la mise sur le marché de l'Union européenne ou l'exportation de certains produits issus de terres déforestées après le 31 décembre 2020. À la fin de l'année 2025, la Commission européenne a adopté plusieurs mesures de simplification destinées à alléger les obligations administratives des entreprises, sans remettre en cause les objectifs du règlement. Ces évolutions modifient notamment la répartition des responsabilités entre les différents acteurs de la chaîne d'approvisionnement.
07/07/2026 • Article
Après deux années de contraction, le secteur européen de la construction devrait retrouver une dynamique positive en 2026. Cette amélioration intervient toutefois dans un contexte économique encore incertain, marqué par un ralentissement de la croissance, une inflation qui reste élevée et des conditions de financement toujours contraignantes. Les taux d'intérêt, le coût des matériaux et la prudence des investisseurs privés continuent de peser sur l'activité, tandis que les investissements publics et les financements européens jouent un rôle de plus en plus déterminant pour soutenir le secteur.
06/07/2026 • Article
La Commission européenne a présenté, le 3 juin 2026, le Cloud and AI Development Act (CAIDA), un projet de règlement destiné à accélérer le développement des infrastructures cloud et d'intelligence artificielle dans l'Union européenne. L'objectif est double : combler le retard européen en matière de capacités de calcul et réduire la dépendance aux grands fournisseurs extra-européens, qui dominent aujourd'hui plus de 70 % du marché du cloud.
27/04/2026 • Article
La Commission européenne s’apprête à publier, au printemps 2026, un plan d’action pour l’électrification, destiné à accélérer la transition énergétique du continent. Attendu d’ici l’été, ce document stratégique – sous forme de communication – devrait constituer un jalon important pour l’ensemble des acteurs des infrastructures.
05/03/2026 • Article
Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), également connu sous son acronyme anglais CBAM, s’inscrit dans l’évolution récente de la politique climatique de l’Union européenne. Institué par le règlement (UE) 2023/956, il vise à soumettre certaines importations à un prix du carbone équivalent à celui acquitté par les industriels européens dans le cadre du Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE-UE). Pour les entreprises de travaux publics, consommatrices de matériaux à forte intensité carbone comme l’acier, l’aluminium ou le ciment, ce mécanisme a des implications concrètes. Il est susceptible d’influencer les conditions d’approvisionnement, les équilibres économiques des marchés et la structuration des offres.
30/01/2026 • Article
Lancée en 2021, la stratégie Global Gateway constitue aujourd’hui le principal cadre de l’action extérieure de l’Union européenne en matière d’investissements internationaux. Elle vise à renforcer la connectivité mondiale à travers le développement d’infrastructures durables, de qualité et conformes aux standards européens, dans des secteurs clés tels que les transports, l’énergie, le numérique, la santé, l’éducation et la recherche. Pensée comme une offre européenne structurée, Global Gateway promeut des valeurs de transparence, de soutenabilité financière, de respect des normes sociales et environnementales, et de souveraineté des pays partenaires.
30/01/2026 • Article
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l'Union européenne, la Direction générale des partenariats internationaux (DG INTPA) de la Commission européenne lance le mécanisme « Early-Stage Investment Mechanism ». Cet outil a pour but d’accroître la participation du secteur privé européen à la préparation de projets d'infrastructures durables dans les pays partenaires, d’améliorer la qualité et la bancabilité de ces projets, et de faciliter leur mise en œuvre en cohérence avec les priorités des pays bénéficiaires et les intérêts stratégiques de l'Union européenne. Les projets soutenus portent sur des actions en amont de l’investissement, telles que la phase de conception, les études sectorielles préliminaires, les études de faisabilité, les projets pilotes, etc. L’enjeu est de renforcer le niveau de maturité et l’attractivité des projets d’infrastructure afin de faciliter leur accès à des financements.