La mission de l’IGF et de l’IGEDD vient rappeler qu’une première tendance à la baisse de consommation des ENAF s’observe à l’échelle nationale depuis 2015 (avec une stabilisation à 20 000 ha/an, contre 30 000/an en 2010).
Si historiquement, le développement urbain reposait sur l’extension de nouvelle zone à urbaniser, le modèle actuel tend au renouvellement urbain, c’est-à-dire à la réutilisation ou la densification d’espaces déjà urbanisés, la trajectoire de sobriété foncière implique d’atteindre, à terme, 100 % de production bâtie sur du foncier déjà urbanisé. La satisfaction des besoins en logements, en équipements et en activités économiques passe donc par une intensification du renouvellement urbain et l’exploitation des différents gisements fonciers existants, y compris dans les territoires péri-urbains et ruraux où le rythme d’artificialisation des sols demeure supérieur à l’augmentation de la population.
Le ZAN agit ainsi comme un accélérateur d’une évolution déjà engagée : produire davantage de valeur économique sur des espaces plus limités. Selon le baromètre, 67 % des intercommunalités considèrent désormais cette trajectoire comme une opportunité pour faire évoluer les pratiques d’aménagement et renforcer la planification territoriale.
Il convient toutefois d’accroître fortement l’« efficacité de la construction [1]», qui pourrait se définir comme la quantité de surface de plancher produite sur une unité de foncier déjà artificialisée ou consommée. Ainsi, un hectare consommé permet de construire 2435m2 de bâti en 2022 contre 1950m2 en 2011, soit une augmentation de 30%. Toujours selon l’IGEDD, si la trajectoire de sobriété foncière est respectée sans accélération du rythme de densification et de renouvellement du foncier, il pourrait y avoir une réduction de l’activité de la construction.
[1] Définition du CEREMA