07/05/2026 • Décryptage
Le Gouvernement a saisi le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) sur 3 sujets en juillet 2025 : la priorisation des grands projets d’infrastructures nouvelles, l’évaluation des besoins d’adaptation des réseaux au changement climatique, et l’examen de l’état des réseaux routiers des collectivités territoriales. Le COI a choisi de traiter ces sujets séparément. Le rapport remis le 06 mai par Alain Grizaud, en tant que Vice-Président du COI, au ministre des Transports Philippe Tabarot se concentre sur les grands projets d’infrastructures.
Les membres du COI ont cherché un point d’équilibre entre les différentes visions de l’avenir des infrastructures en France. Les travaux confortent les positions portées par la FNTP depuis plusieurs années, en particulier en ce qui concerne les besoins en maintenance et en régénération du réseau d’infrastructures existant.
Sur l’ensemble des réseaux, la conférence Ambition France Transports avait évalué le besoin supplémentaire à environ 3 Md€ par an sur la période 2026-2031 : 1 Md€ pour le réseau routier national non concédé, 1,5 Md€ pour le ferroviaire structurant, 300 M€ pour le fret ferroviaire et 200 M€ pour le fluvial.
Pour autant, la priorité donnée à la régénération ne doit pas devenir un prétexte au désengagement de l’Etat sur les grands projets d’infrastructures. Opposer régénération et développement des grands projets d’infrastructures serait une erreur, car on ne peut préserver l’existant au détriment de l’avenir.
Les travaux ont porté sur 18 grands projets d’infrastructures ferroviaires, fluviaux et routiers. Ces derniers ont été considérés comme prioritaires au regard de leur coût, leur impact environnemental, leur rôle dans l’aménagement du territoire et leur contribution à la décarbonation.
Le COI juge indispensable une mise à niveau du réseau ferroviaire du Sud-Ouest, notamment autour de Bordeaux et Toulouse. Les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse doivent être menés à leur terme.
Les avis divergent sur les lignes nouvelles Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Dax et Dax-Espagne. Le COI demande uneactualisation des coûts, des trafics, des études socio-économiques et environnementales, ainsi qu’un réexamen du mode de financement.
La FNTP a tenu a manifesté son désaccord avec le COI sur ce point : le projet doit être apprécié au regard de la dynamique démographique et économique du Sud-Ouest, de la saturation future et de l’enjeu européen du corridor Atlantique.
Le COI recommande de lancer dès 2026 la conception-réalisation de la phase 1 Montpellier-Béziers, avec un objectif d’engagement des travaux en 2029. Il considère que le projet répond clairement à un objectif de désaturation, de développement du fret, de résilience climatique et de renforcement du SERM de Montpellier.
La phase 2 Béziers-Perpignan doit encore être stabilisée, notamment sur la question de sa mixité fret-voyageurs et de ses impacts environnementaux.
Le COI recommande de poursuivre les travaux de la phase 1 et d’engager sans attendre la phase 2, avec un objectif de mise en service en 2035. Le projet est présenté comme la colonne vertébrale des futurs SERM d’Aix-Marseille-Provence, de l’aire toulonnaise et de l’aire azuréenne, tout en améliorant les liaisons nationales et transfrontalières.
Le COI estime que le projet ne répond pas, à ce stade, à une saturation avérée de la ligne existante ni à une demande suffisamment exprimée par les opérateurs. Il recommande de réexaminer la situation sur la période 2028-2032, en fonction des travaux de la plateforme ferroviaire Est, du fret et des projets de SERM Mulhouse-Bâle et Belfort-Montbéliard.
Le COI constate que le projet est désormais largement engagé et qu’il doit être mené à son terme, en maîtrisant les coûts et les délais. Il considère toutefois qu’une mise en service en 2035 paraît plus réaliste que l’échéance officielle de fin 2033. Il insiste également sur la nécessité de préparer les mesures réglementaires, financières et organisationnelles permettant d’assurer un report modal effectif de la route vers le rail.
Le COI en fait une priorité, car la ligne constituera l’accès français au tunnel Lyon-Turin à sa mise en service. Les schémas directeurs doivent donc être finalisés rapidement et les aménagements optimisés afin de permettre l’accueil du trafic fret attendu, sans dégrader les circulations voyageurs.
Le COI recommande la réalisation rapide du plan d’investissement 2025-2035 sur l’étoile ferroviaire lyonnaise. Il considère la mise à 4 voies entre Saint-Fons et Grenay comme une brique essentielle de désaturation, nécessaire au SERM lyonnais, au fret et aux accès du Lyon-Turin. Il regrette toutefois le faible avancement des études.
Le COI juge urgente et prioritaire la phase 1 du CFAL Nord, afin de désaturer l’étoile ferroviaire lyonnaise et de préparer l’ouverture du Lyon-Turin. Il recommande de sécuriser la prorogation de la DUP, de mettre en place un plan de financement et de rechercher des financements européens.
Sur le CFAL Sud, il demande un arbitrage rapide avec l’alternative du raccordement de Saint-Fons.
Le COI relève des divergences sur le scénario à grand gabarit et sur les accès neufs. Il recommande de poursuivre les études d’avant-projet, en dehors des grands tunnels, de préparer la prorogation de la DUP et de réactiver l’observatoire de saturation ferroviaire des accès alpins afin d’objectiver la décision de lancement.
Le COI recommande de prioriser le traitement des nœuds de Rennes et Nantes, ainsi que le déploiement d’ERTMS. L’opportunité des lignes nouvelles devra être réexaminée après les études engagées. Un point d’étape est recommandé autour de 2029.
Le COI recommande de poursuivre rapidement le décroisement des groupes 5 et 6 de Paris Saint-Lazare, préalable indispensable à la désaturation de l’axe Paris-Mantes et à la LNPN.
Sur la LNPN, il recommande de poursuivre les études et concertations sur la priorité 1 : Paris-Mantes, Rouen-Barentin et nouvelle gare Rouen Saint-Sever.
Le COI demande de mieux démontrer l’utilité propre du projet pour le bassin de la Seine et ses ports, et de stabiliser un plan de financement intégrant le pont de Mours. Le calendrier de mise en service de Mageo en 2033 est jugé ambitieux.
Sur le Canal Seine-Nord Europe, le COI souligne le soutien constant de la Commission européenne, mais relève des divergences internes sur les prévisions de trafic et sur le réalisme du calendrier. Il insiste sur le bouclage financier, la capacité de maîtrise d’ouvrage et la nécessité de mesures favorisant réellement le report modal.
Le COI constate l’impossibilité de conduire le projet dans sa forme actuelle, compte tenu de l’opposition de la Ville et de la Métropole de Rouen, de l’ancienneté de la DUP et de l’émergence du SERM rouennais, qui modifie les hypothèses de mobilité.
Le COI reconnaît l’intérêt économique potentiel du projet pour la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, mais recommande de poursuivre les études pour mieux intégrer l’intermodalité, les transports collectifs, le vélo, les cars express et les pôles d’échanges. Il recommande également de limiter les impacts environnementaux, notamment sur la plaine de la Crau, et de prévenir toute urbanisation induite sans lien avec la vocation industrialo-portuaire.
Le COI partage l’objectif d’amélioration de la sécurité et de réduction des nuisances. Il souligne cependant l’impact environnemental élevé du projet au regard de trafics plus modérés que d’autres projets routiers examinés. Si le projet est poursuivi, il devra s’accompagner d’une mise à jour complète des études par le concessionnaire désigné, d’une acceptabilité du péage et d’un faible niveau de contribution publique.
Le COI reconnaît la congestion très forte de l’axe et l’enjeu transfrontalier avec le Luxembourg. Il considère toutefois que l’acceptabilité de la mise à péage est une condition centrale. Il demande aussi une meilleure articulation avec le SERM Lorraine-Luxembourg.
Il recommande également d’intégrer dans le projet le réaménagement de la traversée de Thionville, pour limiter les risques d’un report de trafic des véhicules, notamment des poids lourds, vers les voiries adjacentes
Le COI confirme que l’aménagement à 2×2 voies peut être poursuivi entre Avesnes-sur-Helpe et Maubeuge, où le contexte est plus urbain et le trafic plus chargé.
En revanche, sur Laon-Avesnes, il estime qu’une mise à 2×2 voies systématique n’est pas justifiée à ce stade et privilégie des aménagements localisés : déviations de bourgs, créneaux de dépassement, dispositifs de sécurité.
Le COI reconnaît l’objectif de détourner le trafic de transit du centre d’Arles, d’améliorer la sécurité et la qualité de vie des riverains et d’assurer la continuité d’un itinéraire européen.
Il demande toutefois de réduire l’impact sur les inondations, l’artificialisation et la biodiversité. Il recommande la poursuite du projet sous réserve de la prise en compte de ces préconisations et d’une subvention d’équilibre limitée à 200 M€, tout en jugeant le calendrier actuel trop optimiste.
Le rapport du COI ne ferme pas le débat sur les grands projets. Il oblige en revanche l’État à faire des choix, à assumer des calendriers réalistes et à sécuriser les financements.
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