03/08/2026 • Article
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France VAE
VAE
La validation des acquis de l’expérience (VAE) offre la possibilité à toute personne de faire reconnaître les compétences acquises au cours de son parcours professionnel ou personnel. Elle permet d’acquérir : une certification, un diplôme, un titre à finalité professionnelle, ou un certificat de qualification professionnelle inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Elle permet également d’acquérir un ou plusieurs blocs de compétences de ces certifications professionnelles. La loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 portant mesures d'urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi, a entièrement réformé le dispositif.
La VAE est ouverte à toute personne justifiant d’une activité en rapport avec le contenu de la certification.
La démarche de VAE peut être initiée par le candidat ou par son employeur dans le cadre du plan de développement des compétences. Dans ce cas, le consentement du salarié est nécessaire. Son refus de consentir à une action de VAE ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement (articles L6421-1 et L6421-2 du Code du travail).
Jusqu’à présent, la VAE visait l’acquisition d’une certification professionnelle enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). La loi ajoute que le dispositif de la VAE permet aussi l’acquisition d’un bloc de compétences d’une certification enregistrée dans ce répertoire.
Le service public de la VAE aura pour mission « d’orienter et d’accompagner toute personne demandant la validation des acquis de son expérience et justifiant d’une activité en rapport direct avec le contenu de la certification visée ».
La mise en œuvre des missions de ce service public est assurée par un Groupement d’Intérêt Public (GIP) composé de l’État, des régions, de Pôle Emploi, de l’Afpa, des Opco et des associations paritaires Transitions Pro, auxquels peuvent s’ajouter « d’autres personnes morales publiques ou privées ».
Les membres du GIP sont rassemblées dans la plateforme « France VAE », qui est le portail officiel du service public de la VAE.
Le GIP assure les missions suivantes :
Inscription sur le portail « France VAE »
Un décret n°2023-1275 modifie les modalités de mise en œuvre des actions permettant la VAE.
Selon le texte, les personnes qui souhaitent s’engager dans un parcours de VAE procèdent à leur inscription sur le portail numérique « France VAE » en sélectionnant la certification professionnelle ou le bloc de compétences visés (article R.6412-2 du code du travail).
La plateforme permet notamment de :
une liste complète et actualisée de certifications est proposée au parcours France VAE.
Accompagnement dès l’inscription sur le portail numérique
Dès son inscription sur le portail France VAE, le candidat peut, à sa demande, bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans les démarches de constitution des dossiers et dans la mobilisation des financements. Le candidat choisit la personne accompagnatrice, appelée architecte accompagnateur de parcours (AAP), au sein d’une liste mise à disposition sur le portail France VAE. Cette personne doit disposer de la certification QUALIOPI (article R.6412-2 du code du travail). Le rôle de l’accompagnateur est d’apporter au candidat un soutien méthodologique tout au long de son parcours. Les missions et obligations de l’accompagnateur sont précisées par un cahier des charges défini par arrêté.
Le candidat peut bénéficier de la prise en charge, par le groupement d’intérêt public (GIP), dans des conditions fixées par décision de son assemblée générale, des frais nécessaires à son accompagnement à la validation des acquis de l’expérience ou d’un ou plusieurs blocs de compétences nécessaires à cette validation. Le cas échéant, il peut bénéficier de co-financements par les membres constitutifs du GIP, par d’autres financeurs ou par la mobilisation du compte personnel de formation (CPF) (article R.6412-2 du code du travail).
Les organismes qui interviennent dans le déroulement des actions destinées à la validation des acquis de l’expérience tiennent une comptabilité distincte pour cette activité lorsqu’ils exercent simultanément plusieurs autres activités (article D.6352-18 du code du travail).
Recevabilité de la demande
Le ministère ou l’organisme certificateur se prononce sur la recevabilité de la demande de VAE sur la base d’un dossier que lui envoie l’intéressé ou, si la certification visée est disponible sur le portail France VAE, que l’intéressé ou son architecte accompagnateur de parcours (AAP) dépose sur ce portail. Ce dossier comporte des informations sur la certification professionnelle ou le bloc de compétences visés, sur le candidat, sur ses expériences, activités et formations et, le cas échéant, l’avis de l’AAP sur l’adéquation des formations envisagées par le candidat et le référentiel de la certification visée. Les modèles (en cas d’accompagnement du candidat et lorsque celui-ci n’a pas souhaité être accompagné) de ce dossier sont fixés par arrêté.
Au cours de la même année civile, un candidat ne peut soumettre plus d’un dossier pour une même certification professionnelle ou plus de trois pour des certifications professionnelles différentes.
Le ministère ou l’organisme certificateur accuse réception du dossier par tout moyen donnant date certaine à sa réception après avoir, par l’intermédiaire du portail France VAE (si la certification visée est disponible sur le portail), invité le candidat à régulariser son dossier si des pièces étaient manquantes.
Notification de la décision de recevabilité
Le ministère ou l’organisme certificateur notifie sa décision dans les deux mois qui suivent la réception du dossier de faisabilité complet, en indiquant, le cas échéant, les écarts entre les expériences et activités déclarées par le candidat et le référentiel de certification applicable.
En outre, cette notification peut comporter des recommandations, relatives notamment à des formations complémentaires utiles.
Si le ministère ou l’organisme certificateur ne s’est pas prononcé au terme de ce délai de deux mois, le gestionnaire du portail France VAE, notifie immédiatement au candidat, par l’intermédiaire du portail numérique que son dossier est recevable.
Sauf motif légitime, l’absence de démarches du candidat dans les 6 mois suivant la notification de la décision de recevabilité entraîne la caducité de cette recevabilité. Dans ce cas et sous réserve que le contenu du référentiel de la certification demeure inchangé, le candidat peut déposer un nouveau dossier et il peut le faire au cours de la même année civile (article R. 6412-4 du code du travail).
Dépôt du dossier de validation
Le candidat ayant reçu une décision favorable à sa demande de recevabilité doit constituer un dossier de validation destiné au jury.
Ce dossier comprend la description de ses compétences et connaissances mobilisées au cours de son expérience dans les différentes activités exercées ou acquises au cours de formations. Le candidat ou la personne chargée de son accompagnement adressent, par l’intermédiaire du portail numérique, ce dossier au ministère ou à l’organisme certificateur chargé de l’organisation du jury de la certification professionnelle visée (article R.6412-5 du code du travail).
Le ministère ou l’organisme certificateur peut, lorsque le dossier de validation comporte des éléments plagiés ou présentés dans des conditions frauduleuses, et après que le candidat a été mis en mesure de présenter ses observations, refuser de délivrer ou retirer la certification professionnelle ou les parties de certification professionnelle validées par le jury (article R6412-7 du code travail).
Evaluation par le jury
La VAE est prononcée par un jury dont la composition est fixée par décret n° 2024-332 du 10 avril 2024.
Le jury est composé conformément aux dispositions régissant le diplôme, le titre à finalité professionnelle ou le certificat de qualification professionnelle visés, et réunit au moins deux personnes, dont au moins une personne qualifiée au titre de la certification visée. Il doit comporter autant de femmes que d’hommes.
Un président ou un responsable de jury est désigné parmi ses membres. Il a voix prépondérante en cas de partage égal des voix.
Les membres du jury ne doivent entretenir ou avoir entretenu aucune relation professionnelle ou personnelle avec le candidat, ni avoir accompagné le candidat dans sa démarche de validation des acquis de l’expérience.
Les modalités d’évaluation retenues par le jury et les conditions dans lesquelles les évaluations se déroulent doivent lui permettre de vérifier si les acquis dont fait état le candidat correspondent aux compétences et connaissances exigées par les référentiels de la certification professionnelle visée.
En cas de validation partielle, le jury précise le ou les blocs de compétences acquis.
Le résultat de l’évaluation est notifié par le ministère ou l’organisme certificateur au candidat et, le cas échéant à la personne chargée de son accompagnement dans les 15 jours qui suivent le passage devant le jury.
Le ministère ou l’organisme certificateur délivre également, sur demande du candidat, des attestations concernant la certification professionnelle obtenue ou les blocs de compétences validés (article R.6412-7 du code du travail).
Le ministère ou l’organisme certificateur qui se prononce sur la recevabilité d’une demande peut prendre en compte les activités en rapport avec la certification visée, de nature différente, exercées sur une même période, mais également les périodes de stage et les périodes de formation initiale ou continue en milieu professionnel ainsi que les périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP).
Lorsqu’un salarié fait valider les acquis de son expérience en tout ou partie pendant le temps de travail et à son initiative, il peut bénéficier d’un congé sous réserve d’une autorisation d’absence accordée par son employeur. La durée de l’autorisation d’absence au titre du congé pour VAE ne peut excéder 48 heures par session d’évaluation (article L. 6422-2 du code du travail).
Cette durée pourra être augmentée par convention ou accord collectif pour l’ensemble des salariés, et non plus uniquement pour les salariés n’ayant pas atteint un niveau de qualification fixé par décret ou dont l’emploi est menacé par les évolutions économiques ou technologiques.
Le salarié qui souhaite bénéficier d’un tel congé doit adresser sa demande d’autorisation d’absence à son employeur au plus tard 30 jours avant le début des actions de VAE. De son côté, l’employeur doit lui répondre dans les 15 jours. Le report d’autorisation d’absence ne peut excéder un mois à compter de la demande (articles R.6422-3 et R.6422-4 du code du travail).
Les heures consacrées à la VAE bénéficiant d’une autorisation d’absence constituent du temps de travail effectif et donnent lieu au maintien de la rémunération et de la protection sociale du salarié (article L.6422-3 du code du travail).
Mobilisation du CPF
Le décret n°2025-663 fixe les conditions et les modalités d’éligibilité au compte personnel de formation (CPF) des actions de VAE.
Sont pris en charge par le CPF, l’ensemble des frais liés à l’accompagnement pour la totalité du parcours de validation des acquis de l’expérience mentionné à l’article R.6412-1 ainsi que les frais de jury.
Le décret énonce également que les architectes accompagnateurs de parcours doivent communiquer au titulaire du compte personnel de formation, « les informations sur les frais et modalités de jury ».
Enfin, le décret précise les conditions pour cette prise en charge :
Prise en charge par les ATPro
Le décret n° 2026-678 vient préciser les dépenses de VAE pouvant être financée par les ATpro. Ce texte pris en application de l’article 10 de la loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi.
Les dépenses pouvant être prises en charge sont les suivantes :
Lorsque les actions de VAE sont financées dans le cadre de la mobilisation du CPF, les frais de transport, de repas et d’hébergement ne sont pas pris en charge par la Caisse des dépôts.
L’ensemble de ces dépenses sont financées sur la base d’un montant forfaitaire de 2 000 euros.
Pour la prise en charge, le candidat transmet un document attestant de son inscription dans un parcours de VAE.
Ce document prend la forme :
L’absence de transmission de ce document entraine le refus de la prise en charge.
La demande de prise en charge de ces dépenses peut également être refusée par les AT pro lorsque les actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience ne peuvent pas se rattacher aux priorités d’intervention des ATPro en matière de formation professionnelle ou lorsque les demandes de prise en charge ne peuvent être toutes simultanément satisfaites.
En l’absence de mobilisation du CPF, une convention devra être conclue entre le candidat, le(s) financeur(s) et l’organisme ou chacun des organismes intervenant dans la procédure de VAE. Cette convention doit préciser, en plus, du contenu obligatoire de la convention de formation, la certification ciblée ainsi que la nature et les conditions de prise en charge des frais. Sa signature sera conditionnée à la production, par le candidat, de tout document attestant de la recevabilité de sa demande de VAE. Aucune convention ne sera conclue en cas de mobilisation du CPF.
22/07/2026 • Article
La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a été publiée au Journal officiel du 26 juin 2026. Dans sa décision n° 2026-904 DC du 18 juin 2026, le Conseil constitutionnel a validé les dispositions relatives à la formation professionnelle et à l’apprentissage. Cet article fait état des principales mesures impactant la formation professionnelle.
03/07/2026 • Article
Le passeport de compétences est un service gratuit et ouvert tout au long de la vie à tous les titulaires d’un Compte personnel de Formation (CPF) de plus de 16 ans (ou de 15 ans pour les apprentis). Ce service est accessible via la plateforme « Mon compte formation ».
30/06/2026 • Article
La loi du 24 octobre 2025 transposant l’ANI sur les transitions et reconversions professionnelles signé en juin, a créé un nouveau dispositif intitulé « la période de reconversion ». Afin que le dispositif soit pleinement applicable, deux décrets sont venus préciser les différentes modalités de mise en œuvre (décrets n° 2026-39 et n° 2026-40 du 28 janvier 2026) .
27/02/2026 • Article
Le Compte Personnel de Formation (CPF) est une nouvelle modalité d'accès à la formation créée par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2015 et remplace depuis cette date, le Droit Individuel à la Formation (DIF). Il permet à toute personne active, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à la date à laquelle elle fait valoir l’ensemble de ses droits à la retraite, d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de sa vie professionnelle.
24/07/2025 • Article
Mis en place au 1er janvier 2019, le projet de transition professionnelle (PTP) est une modalité spécifique de mobilisation du compte personnel de formation (CPF). Le PTP permet au salarié de s'absenter de son poste pour suivre une formation destinée à lui permettre de changer de métier ou de profession. Le PTP mobilisant le CPF se substitue au congé individuel de formation (CIF). Toutefois, son objet est plus limité que celui du CIF. Il ne permet pas en particulier au bénéficiaire de suivre une formation en vue de s’ouvrir à la vie sociale ou à la culture.
21/07/2025 • Article
La loi du 21 juin 2023 (visant à faciliter le passage et l’obtention de l’examen du permis de conduire) donne la possibilité de mobiliser son compte personnel de formation (CPF) pour financer la préparation aux épreuves théoriques et pratiques de toutes les catégories de permis de conduire d'un véhicule terrestre à moteur.
03/08/2026 • Article
Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail spécifique conclu entre un jeune, l’apprenti, et un employeur. Son objectif : Donner à des jeunes ayant satisfait à l’obligation scolaire, une formation théorique en Centre de Formation d’Apprentis (CFA) et une formation pratique en entreprise, en vue de l’obtention d’une qualification professionnelle.
09/07/2026 • Article
Le dispositif a été créé par l’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020 puis codifié à l’article L.4141-5 du Code du travail par la loi du 2 août 2021, a pour objet de regrouper l’ensemble des attestations, certificats et diplômes obtenus par le salarié dans le cadre des formations relatives à la santé et la sécurité au travail et éviter ainsi les formations surabondantes ou redondantes. Il doit ainsi faciliter la circulation de l’information entre employeurs et salariés sur les formations suivies.