Cloud, intelligence artificielle, stockage de données : derrière chaque usage numérique se trouvent des infrastructures bien réelles. Le développement rapide des data centers ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour les entreprises de travaux publics.
Chaque recherche en ligne, paiement électronique, vidéo en streaming ou requête adressée à une intelligence artificielle mobilise des capacités de calcul et de stockage. Pour fonctionner, celles-ci nécessitent des bâtiments techniques, des réseaux électriques, des raccordements en fibre optique, des systèmes de refroidissement et des aménagements spécifiques.
Avec l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle, ces besoins augmentent fortement. La consommation électrique mondiale des data centers, estimée à 415 TWh en 2024, pourrait ainsi plus que doubler d’ici à 2030.
Avec environ 320 à 335 data centers, la France figure parmi les principaux marchés européens. Elle dispose de plusieurs atouts : une électricité produite à plus de 95 % à partir de sources bas carbone, un réseau électrique robuste, une couverture en fibre très développée et une connexion aux grands flux internationaux de données, notamment à Marseille.
Les projets se multiplient et changent d’échelle. En mai 2026, près de 18 GW de capacités de raccordement avaient été réservés auprès de RTE pour environ 80 projets. Si l’Île-de-France reste le principal pôle français, la recherche de foncier et de capacités électriques favorise désormais l’émergence de nouveaux territoires d’accueil.
Un data center nécessite bien davantage qu’un bâtiment rempli de serveurs. Les entreprises de travaux publics interviennent dans la préparation des plateformes, les terrassements, les fondations, les voiries, les réseaux enterrés, les ouvrages électriques ou hydrauliques et les raccordements.
Les centres dédiés à l’intelligence artificielle renforcent encore ces besoins. Leurs équipements mobilisent davantage de puissance et génèrent plus de chaleur, ce qui impose des alimentations électriques robustes et de nouvelles solutions de refroidissement.
Selon l’étude de la FNTP, les investissements dans les infrastructures françaises de data centers pourraient atteindre environ 43 milliards d’euros entre 2025 et 2035. La part mobilisable par les travaux publics est estimée entre 15 et 24 milliards d’euros.
Cette croissance reste conditionnée par la disponibilité du foncier et des capacités électriques. RTE estime que la consommation des data centers français pourrait atteindre 23 à 28 TWh en 2035, soit environ 4 % de la consommation nationale.
Leur développement doit donc être anticipé et intégré aux territoires : implantation sur des friches industrielles, maîtrise de la consommation d’eau, renforcement des réseaux ou encore récupération de la chaleur produite pour alimenter des réseaux de chaleur urbains.
Une réalité s’impose : le numérique n’est pas immatériel. Derrière la donnée se trouvent des ouvrages, des réseaux et des infrastructures que les entreprises de travaux publics contribuent à construire.
LE MARCHÉ DES DATA CENTERS
26/08/2026 • Étude